
Depuis Nairobi, l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a annoncé la création d’un mouvement visant à « sauver » son pays. Lors d’une réunion tenue mardi et mercredi dans la capitale kenyane, il s’est associé à d’autres leaders de l’opposition pour appeler à une mobilisation contre les défis auxquels fait face le gouvernement de Félix Tshisekedi. Dans une déclaration en 14 points, signée par 12 groupes d’opposition et de la société civile, les participants ont pointé du doigt une gestion économique problématique et l’absence de dialogue inclusif. Ils ont également critiqué les détentions de figures politiques et les jugements rendus contre des opposants. Le mouvement ambitionne de porter la crise congolaise à l’attention de la communauté internationale à travers une offensive diplomatique. Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a qualifié cette réunion de « non-événement ». Parmi les participants figurait l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Le Kenya, qui accueillait l’événement, n’a pas encore réagi officiellement, alors que des tensions ont déjà émergé avec Kinshasa pour avoir hébergé des figures liées aux rebelles du M23. Joseph Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019, s’était éloigné de la scène publique après son soutien à Tshisekedi lors des élections de 2019, suivi d’une brouille. Sa réapparition à Nairobi coïncide avec la signature récente d’un accord de cessez-le-feu entre Kinshasa et le M23 à Doha, un accord fragilisé par des accusations mutuelles de non-respect.
